DE EN

Zad de la Colline

Que se passe t'il sur la colline?

A Éclépens, à seulement quelques kilomètres au nord de Lausanne, l’entreprise internationale de cimenterie LafargeHolcim exploite paisiblement 2800m2 de la colline du Mormont depuis bientôt 25 ans. En 2022, l’exploitation de la carrière déjà bien avancée arrivera à la limite du perimiètre d’exploitation autorisé, c’est pourquoi Holcim Suisse cherche à obtenir le plus vite possible de nouvelles autorisations pour continuer l’exploitation effrennée de la colline du Mormont. Si celle-ci n’est pas stoppée, d’ici 2029, tout le plateau de la Birette aura disparu. Mais ce n’est pas tout, Holcim envisage d’étendre davantage la carrière dans le futur jusqu’à détruire le sommet du Mormont, situé dans une zone figurant à l’inventaire fédéral des paysages. Cette zone est considérée comme l’un des milieux les plus riches en flore du Jura central. Réussir à extraire 8,4 millions de mètres cube de calcaire : voici le nouveau projet de Holcim.

Les ONGs agissant contre l’extension de la mine (Association pour la sauvegarde de la colline du Mormont, Pro Natura) ont fait recours contre l’extension de la carrière, mais celui-ci a échoué au niveau cantonal. Mais le combat n’est pas terminé. Le recours à l’échelle fédérale a été lancé mais si celui-ci n’aboutit pas, nous risquons de voir à jamais cette colline qui surplombe Eclépens et la Sarraz détruite. Outre une biodiversité répertoriée et documentée, la colline est également un site archéologique important, classé au patrimoine européen, qui contient d’anciens sites de rituel, et probablement d’habitation celtiques.
Holcim se félicite même de sa collaboration fructueuse avec les archéologues grâce au “soutien dynamique aux travaux archéologiques du site celte du Mormont. Cela se traduit par une excellente collaboration entre la direction de la cimenterie et le Service archéologique cantonal, ainsi que par des contributions financières sans lesquelles les travaux de fouilles n’auraient pas pu être réalisé dans le Canton.” De même qu’Holcim se vente de financer la protection d’orchidées sauvages se trouvant sur la colline.
Déclaration hypocrite lorsque l’on sait que leur unique objectif ne réside finalement que dans l’avancement des travaux pour l’exploitation de la zone…

Le site concerné par le projet d’extension de la cimenterie par Holcim comprend 22 associations végétales, dont la moitié font partie des milieux dignes de protection selon l’Annexe 1 de l’OPN. En 1998, le Mormont a été classé à l’Inventaire fédéral des paysages, sites et monuments d’importance nationale en raison de sa richesse biologique. Cette richesse provient de la diversité des roches-mères présentes, comme de la diversité des expositions qui crée un climat unique. Ce site, par ses arbres et diverses présences végétales uniques, fait partie de l’ensemble de milieux précieux que représente le Mormont. Hotspot de diversité et de rareté, il a séduit des botanistes comme Pascal Kissling, mais aussi des auteurs romands comme Jacques Chessex ou Gustave Roud, qui se sont battus pour sauver le Mormont du projet d’une route en 1975. Et malgé tous ces arguments, Holcim ose justifier la prolongation de sa carrière en affirmant que le site de la Birette « est essentiellement formée de parcelles agricoles et ne contient pas de richesses naturelles particulières. ». Dans une lettre ouverte, Pascal Kissling écrivait que « même si nous ne reconnaissions qu’une valeur décorative aux milieux naturels, il faudrait laisser aux prochaines générations des possibilités de repenser leurs relations avec le milieu vivant. Or, ces possibilités ne tiendront que dans les quelques lambeaux de nature encore intacte que nous saurons leur transmettre. Ainsi la conservation de milieux comme celui du Mormont n’est pas un cadeau à la nature, c’est un acte de prévoyance et un devoir civil. »

Finalement, cette destruction des écosystèmes se fait au profit de la production de ciment qui est l’industrie qui émet le plus de CO2 en Suisse (voir onlget “Le béton: écologique?”). Non seulement, les agissements d’Holcim détruisent des écosystèmes précieux mais aggravent aussi les effets du réchauffement climatique en osant prétendre que le béton pourra être à l’avenir “zéro carbone”, alors que les émissions de CO2 proviennent directement du procédé industriel de production du ciment. Mais quelles alternatives au ciment sont possibles ? Vous trouverez toutes les pistes dans sous l’onglet béton. Car nous ne refusons des mesures hypocrites ou la promotion de nouvelles technologies soit disant miracles.

Aujourd’hui, en prolongement des luttes datant des dernières décennies pour la sauvegarde du Mormont, en écho aux grèves du climat, aux ZAD, aux actions pour l’écologie qui essaiment dans le monde avant qu’il ne soit trop tard, nous nous engageons contre ce projet d’extension de la mine. Défenseuses et défenseurs de la vie sur terre, soucieuses et soucieux d’un avenir viable; nous accomplissons comme le disait Kissling notre devoir civil : nous défendons la colline. Contre le béton redoutable d’Holcim, nous défendrons les orchidées sauvages et ce qu’elles représentent: la possibilité d’un avenir viable. Orchidées contre béton armé !

Pour plus de détails, l’association de défense du Mormont crée en 2013 offre un vaste panel d’informations.

Pourquoi une zone à défendre?

Nous avons décidé de protéger cette colline de l’extension de la carrière par LafargeHolcim par notre occupation physique des lieux. L’entreprise, qui a déjà détruit près de la moitié de la colline et ses écosystèmes mais aussi exproprié des paysans qui utilisaient les terres pour produire de la nourriture, souhaite effacer de nos territoires des trésors de biodiversité. Nous refusons de laisser aux mains des multinationales comme LafargeHolcim la possibilité de détruire les écosystèmes et des pans entiers de terres. Nous réclamons l’abandon du projet d’extension de la carrière sur la zone de Birette, et que la justice fasse son travail de nous préserver un avenir. Nous voulons que LafargeHolcim cesse d’élargir la carrière.

Face aux investisseurs, aux entrepreneurs, aux fous-furieux des grandeurs, aux chantres de la croissance infinie, prêts à piller nos ressources et notre terre jusqu’au bout : nous luttons pour préserver la vie, contre leur destruction sans interruption. Face à la difficulté des voies juridiques de recours, face à la toute puissance des entreprises privées, au manque de lois préservant la nature et à la lenteur des institutions quand il s’agit de préserver notre avenir; nous occupons. Nous vivons une période où les jeunes se mobilisent, s’informent et n’acceptent plus : car nous ne voulons ni de votre sécheresse, de vos ouragans, de vos famines ni de votre béton. Nous batissons nous-mêmes notre avenir dans le respect de la planète. Nous luttons pour notre avenir et occuperons le terrain jusqu’à ce que notre avenir et la nature soient écoutés. Nous nous battons pour le vivant, pour l’eau, pour la terre : pour la beauté du paysage, pour les terres fertiles ; pour que survivent les dernières parcelles de terre qui n’ont pas été exploitées et ruinées par la soif du profit. Nous lutterons tant que les détenteurs du pouvoir désireront continuer leur destruction des ressources qui nous restent.

Pourquoi une ZAD ? Une Zone A Défendre est un moyen collectif, inclusif et expérimental de défendre les écosystèmes qui nous font vivre. Ce n’est pas qu’un terrain de lutte : c’est aussi une Zone à Décrire. Un lieu vivant où expérimenter de nouveaux modes de lutte et de nouvelles façons de vivre ensemble.

La Birette pourrait être… un lieu de vie, un lieu de partage et de transmission de savoirs sur la biodiversité locale. Ses terres pourraient être cultivées et donner de la nourriture locale, redonnées aux paysan-ne-s de la région qui se sont vus prendre les terres qu’ils connaissent, qu’ils aiment et cultivent par une multinationale déjà multi-milliardaire. Un lieu d’habitation, un lieu de partage, un lieu de production alimentaire, un lieu de respect de la faune et de la flore : voilà ce que devrait être la Birette.

Amies de la colline, citoyen·ne·x·s, visiteureuses, militant·e·x·s, journalistes, politicien·ne·x·s, amoureux·ses de la nature : aidez-nous à identifier les coupables et à stopper ce projet fou. Car cette folie conduira à toujours plus d’industrialisation, d’injustices, de pollution et de sécheresse, à la mort de la terre. Rejoignez-nous, apportez-nous à manger, écrivez sur nous, soutenez-nous comme vous le pouvez, de là où vous le pouvez.

INFORMATION POUR L'ÉVACUATION À VENIR

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ÉVACUATION MI-MARS - LES JOURS DE LA ZAD SONT COMPTÉS ! ☹️🎈💢


Dans quelques semaines, la ZAD sera attaquée. Nous avons appris aujourd'hui que l'État et la Justice ont fait le choix de donner raison aux détendeurs de la propriété privée face au désastre écologique de LafargeHolcim. La police sera en droit de nous évacuer à partir du 16 mars. Mais nous resterons sur la colline : car nous ne croyons pas à une justice qui soutient un mo-dèle de société insoutenable. Si cette colline leur appartient sous certaines formes juridiques, nous appartenons à la colline depuis plus de 4 mois. Nous connaissons la colline et ses vivants que nous cherchons à défendre. 🦋🌼🗻**Nous sommes de celleux qui la peuple, comme les Celtes avant nous, les orchidées ou toutes les espèces que nous croisons au quotidien, chamois, souris, sangliers...** Aujourd’hui, main dans la main, les grandes multinationales, la Justice et l’État de Vaud s’allient pour faire taire des voix alternatives qui osent dénoncer la catastrophe écologique locale et mondiale documentée, et s'y opposer. Cette image de la coalition politico-économicorepressive, nous l’avions déjà en tête depuis longtemps. Nul n’est assez dupe pour encore croire que les gouvernements, ou la justice sont à la hauteur de la catastrophe.

Il ne nous reste plus beaucoup de semaines avant que la police ne se présente devant les barricades pour éteindre notre présence. Nous résisterons à leur force, avec notre présence belle et colorée à l'inverse de la Terre grise et inerte qu'ils nous préparent. 🌄✊🏽🔥
Votre soutien et votre solidarité sont et seront notre moteur. Nous vivons une période charnière pour l'écologie : la lutte sera longue et hasardeuse mais il est inenvisageable d’abandonner face à la catastrophe sociale et écologique en cours. La colline est la première, notre ZAD sera la Terre entière ! 💫🌏

Voici comment nous soutenir, dans le respect des normes COVID19 établies plus haut:
• Amener de la nourriture et des conserves qui se gardent lorsque nous serons encerclé-e-x-s par la police
• Venir nous faire à manger un midi ou un soir (avec masques), car nous sommes épuisé-e-x-s et avons besoin d'aide pour le quotidien
• Nous amener de l'eau ou nous aider à remplir nos bidons d'eau, ou nous amener plus de récipients pour le stockage d'eau
• Nous aider à construire différentes choses
• Nous amener bottes de paille et autres affaires, déguisements, tissus qui nous ren-dront magnifiques lors de cette évacuation, car nous ne voulons ni céder à la tristesse de leur monde, ni partir sans montrer notre attachement au lieu
• Venir faire des trucs beaux sur la ZAD : actuellement, des artistes projettent une mise à l'enquête pour l'extension de la ZAD sur la carrière en entourant la zone par des gros ballons : vous aussi, amenez votre art pour symboliser notre joie, notre et votre amour de la colline ! Hésitez pas
• Immortaliser ce lieu, ses souvenirs, en venant filmer, prendre des photos, enregistrer des interviews
• Un soutien psychologique professionnel pour cette période extrêmement dure et stressante
• Toute autre idée de soutien, écrivez-nous.
• ... Et habiter avec nous quand la situation sera très critique: d'ici là, gardez vos forces ! Si vous souhaitez nous rejoindre, comme d'habitude, prenez vos tentes, ici nous gardons nos distances et faisons particulièrement attention au COVID19 dans les lieux communs comme la cuisine en nous désinfectant et en portant des masques.

Tout cela au respect des mesures COVID19 pré-établies, pour notre et votre santé. On vous aime, merci pour votre soutien !  Notre lutte est belle, pas comme l'absurdité de leur monde à la dérive… Ensemble nous créons là où ils détruisent !

Dimanche des orchidées

Lafarge-Holcim: pollueur en Suisse, pollueur partout

Les trois cimenteries suisses d’Holcim ont produit ensemble un total de 1,4 million de tonnes de CO2 en 2017. Le site d’Eclepens est actuellement le 6ème lieu le plus polluant de Suisse (1). Brûleur de déchets en tout genre, LafargeHolcim et le canton de Vaud ont un arrangement qui permet au canton de brûler une énorme quantité de déchets encombrants, plutôt que de les gérer, et LafargeHolcim en profite pour produire la chaleur nécessaire à la fabrication du ciment (2).

Mondialement, Holcim a été classée par le quotidien britannique The Guardian en 2013 comme l’une des entreprises les plus polluantes au monde. Ceci ne nous étonne pas : ils chauffent une partie de leurs fours avec du lignite, charbon extrêmement polluant (3). Le problème ne s’arrête pas aux frontières nationales, car très souvent fermer une carrière en Suisse signifie en ouvrir une autre à l’étranger à la place. Ce risque est très grand, comme Lafarge-Holcim tente d’échapper aux nouvelles lois européennes en fermant ses cimenteries en Europe pour en ouvrir d’autres en Algérie, Maroc, Egypte etc. où ils peuvent échapper aux limitations posées par les quotas d’émissions CO2 (4).

Holcim (avant la fusion avec Lafarge France) a été condamné à payer 280 000 dollars par l’Australie, après avoir partiellement endommagé des éléments du patrimoine aborigène. Il avait été auparavant plusieurs fois condamné aux Etats-Unis pour cause d’émissions de polluants largement supérieures aux limites légales (5), selon l’ONG CorpWatch. L’agence américaine pour l’environnement (EPA) avait également condamné le groupe à 700 000 dollars d’amende , ainsi qu’à des investissements environnementaux d’environ 20 millions pour avoir utilisé des pneus comme combustibles, et avoir ainsi largement excédé les limites d’émissions de dioxyde de soufre autorisées (6).

Holcim, ou des droits humains bafoués

Mais nous ne nous intéressons pas à LafargeHolcim uniquement pour sa destruction du vivant causée sur un site local. Son impact est global et ses agissements sont révélateurs d’un impérialisme exacerbé en exploitant massivement les populations et les ressources des pays du “Sud global”. LafargeHolcim est une multinationale employant près de 80 000 personnes, mais son siège social est en Suisse !

LafargeHocim sabote fréquemment les droits sociaux des travailleureusexs de tous les pays mais aussi des populations locales : sabotage de piquet de grève après des licenciements collectifs injustes aux Philippines (7); non-application du droit du travail local en Inde, pollution d’eau potable au Nigéria et à Paris (8), conditions de travail désastreuses pour la santé de ses salarié·e·x·s en Jordanie, ou encore les 150 accidents mortels parmis ses employé·e·x·s en 2 ans.

Encore plus grave, LafargeHolcim a été accusé de complicité de crime contre l’humanité après que l’ONG Sherpa ait porté plainte en 2017: le cimentier n°1 mondial a été accusé de financement d’organisations terroristes en Syrie pour protéger ses activités. Lafarge aurait versé des millions de dollars à des groupes armés, dont l’État islamique (!!!), pour maintenir ses activités sur place pendant la guerre (9). La justice a finalement annulé les poursuites en 2019 bien que LafargeHolcim avait reconnu avoir agit de façon immorale (10).

En Inde, LafargeHolcim ne paye pas ses collaborateur·ice·x·s à hauteur des salaires légaux stipulés, alors qu’elle se flatte en parallèle de l’attention qu’elle accorde aux principes de responsabilité sociale des entreprises. Pourtant en Inde, où la multinationale a pris pied au début de l’année 2005, ces normes ne sont pas appliquées. Le leader mondial des matériaux de construction remet même en question l’applicabilité des dispositions du droit du travail sur lesquelles sont basés les salaires de la branche. En outre, l’entreprise utilise des méthodes de pression douteuses pour acquérir des terres. Holcim est de plus soupçonné de faire monter les prix du ciment au moyen d’ententes avec d’autres producteurs (11)

Au niveau européen, LafargeHolcim suit de près les activités des institutions de l’EU en ce qui concerne les standards de construction, les changements climatiques, l’énergie et l’efficience énergétique. En effet, les industries du ciment sont directement ciblées par les politiques d’échange de quotas d’émissions (EU ETS) et ce genre de mesures limite leurs activités. Faire du lobbying pour influencer la législation rentre évidemment dans la stratégie de LafargeHolcim (12).

Souhaitons-nous accepter qu’une telle entreprise, ayant son siège social en Suisse et payant des impôts en Suisse, puisse continuer à avoir de tels agissements à travers le monde ? Nous devons toustexs ensemble agir localement, pour dénoncer globalement !

1. www.blick.ch/wirtschaft/welche-schweize…
2. www.youtube.com/watch?time_continue=318…
3. www.tdg.ch/economie/entreprises/holcim-…
4. www.youtube.com/watch?time_continue=318…
5. corpwatch.org/article/usa-holcim-global…
6. www.epa.gov/enforcement/holcim-us-inc-s…
7. www.unia.ch/fr/campagnes/initiative-mul…
8. www.rts.ch/info/monde/11573322-le-cimen…
9. www.courrierinternational.com/article/l…
10. www.24heures.ch/monde/lafarge-syrie-dec…
11. www.publiceye.ch/fileadmin/doc/_migrati…
12. ec.europa.eu/transparencyregister/publi…

Le béton; c’est quoi ?

Le béton est principalement composé de ciment mélangé à de l’eau, du sable et des granulats. La fabrication du ciment se fait à partir d’un mélange précis de calcaire que l’on chauffe dans un four rotatif à environ 1450°C. A la sortie du four nous obtenons un produit appelé « clinker ». L’énergie nécessaire pour atteindre ces températures très haute vient de la combustion de lignite (un type de charbon) ou de la combustion de déchêts encombrants, ce qui est en partie de la cas pour la cimenterie Holcim à Eclépens. La première technique émet des gaz à effets de serre, principalement du CO2, en grande quantité et la deuxième émet des gaz polluants. Le procesuss de chauffage du calcaire émet aussi directement du CO2, peut importe comment on le chauffe. La production de clinker correspond à la plus grande partie des émissions à effet de serre du secteur de la construction et l’industrie du ciment est responsable à elle seule de 8% des gaz à effet de serre au niveau mondial. Les trois cimenteries suisses d’Holcim ont produit ensemble un total de 1,4 million de tonnes de CO2 en 2017. Le site d’Eclepens est actuellement le 6ème lieu le plus polluant de Suisse (1).

Le sable utilisé dans le mélange de fabrication du béton est aussi une ressource limitée de plus en plus convoitée, car de plus en plus rare, poussant même à la création de « mafias du sable ». Le sable est, après l’eau, la deuxième ressource la plus consommée (2).

Malgré tout ces faits, Holcim affirme lutter pour la préservation des ressources naturelles et déclare que “grâce à la création d’habitats et d’écosystèmes variés, ces sites deviennent de hauts lieux de la biodiversité.” Leur site internet s’ouvre directement sur leur “engagement envers le climat” et un possible « ciment sans émissions CO2 », chose très difficile puisque le processus de chauffage de calcaire émet du CO2 et ce, en quantité très fortes.Des alternatives « écologiques » tentent d’être développée mais bien souvent les émissions de CO2 tout le long de la production ne sont pas prises en compte. Nous sommes face à un cas de greenwashing et nous nous battons ouvertement contre cette exploitation, cette entreprise écocidaire et ses arguments de manipulation. Nous refusons aussi les fausses solutions telles que le captage et le stockage de CO2 dans nos sols, technologie risquée et énergétiquement inefficiente puisqu’il faut aussi de l’énergie, et davantage de matériaux pour construire et utiliser ce type de technologie. Il faut collectivement se poser la question de ce que nous voulons construire, à quel rythme, pour qui, pour quoi, comment et avec quelle utilité. Nous devons refuser le bétonnage à tout va, destructeur de nos écosystèmes et climaticide.

Tout ce béton, mais pour quoi faire ?

La Suisse utilise chaque année 50 millions de tonnes de gravier et de sable pour ses infrastructures en béton, ce qui représente l’équivalent d’une ligne de train de 17’000km de long. La distance entre Berne et Sydney (3). Mais pour construire quoi et comment ? Le mitage du territoire ravage les paysages suisses et de nombreux logements sont vides en Suisse dans un but de spéculation. Beaucoup de béton est alors gaspillé pour construire de nouvelles infrastructures alors que de nombreux logements seraient à disposition pour loger des gens qui en ont réellement besoin. Nous ne pouvons plus se permettre de construire des villas avec jardins dans les campagnes. Nous ne nions pas le besoin de création de logement mais nous souhaitons pointer du doigts qu’il en existe déjà à disposition mais inutilisés ou abandonnés.

Depuis plusieurs années déjà, les campagnes et les montagnes se transforment en belles résidences secondaires (estimées à 500’000 en Suisse) (4), les villes en immenses complexes immobiliers de bureaux (337’818m2 de bureaux et surfaces commerciales vides à Genève en juin 2019) (5) dont une grande partie est laissée vide pour la spéculation, et les banlieues urbaines en excentriques centres commerciaux ou villas luxueuses (augmentation de 71% des grandes surfaces commerciales (plus de 5000m2) entre 2000 et 2010, représentant un million de m2, soit 138 terrains de foot) (6).

Ces aberrations ne viennent pas de nulle-part mais découle directement de l’obligation à la croissance économique effrenéée. Hors une croissance illimitée ne peut pas avoir lieu dans un monde aux ressources limitées. Notre combat pour sauver ce lieu s’inscrit dans cette lutte globale que constitue la justice sociale et environnementale et dans une pensée systémique des problèmes environnementaux.

Les alternatives au béton

Répondre au besoin de loger des familles fait bien évidemment sens et nous ne le contestons pas. Cependant d’autres manières de construire, d’habiter et de gérer nos habitats sont possibles et doivent faire partie intégrante de la recherche pour développer d’autres alternatives.

Tout d’abord, des matériaux alternatifs bio-sourcés (bois, liège, paille, chanvre, textile recyclé, …) ou en terre ( pisé, terre paille, …) sont moins émetteurs de gaz à effet de serre et ont d’excellentes performances tout en étant assez abordables, renouvelables ( pour les matériaux bio-sourcés) et locaux. Certes la construction d’un viaduc peut difficilement être réalisée avec ces matériaux mais leur usage est totalement approprié pour des immeubles et des habitations.
Il est aussi temps d’arrêter de construire du neuf avec du neuf. Il y a énormément de matériaux de construction (fenêtres, poutres, murs …) mis en déchetterie qui pourraient être réutilisés. Des nouvelles constructions sont conçues pour être démontées et leurs pièces totalement réutilisées dans de futures constructions. Malheureusement, ces initiatives restent encore trop peu répandues, car nous préférons jeter plutôt que de réutiliser (7).

Finalement c’est l’ensemble de notre rapport à l’habitation, à notre mode de vie, à notre structure familiale et ménagère (avec qui on l’on choisit de vivre, en colocation à plusieurs, en studio, en coopératives, dans un éco-village, ..) qui peuvent être interrogées sous le prisme de l’écologie. Pourquoi n’avons-nous pas le temps de nous occuper de notre foyer, d’y vivre, alors qu’il nous coûte si cher ? (8)
Concentrons-nous alors sur des habitations plus modestes et conçues en accord avec les besoins des personnes qui y vivent, plutôt que de pérenniser l’implantation de zones pour villas à 300m2 et ses 200m2 de terrasse bétonnée qui, de plus, ne sont accessibles qu’à une extrême minorité de la population et renforce ainsi les inégalités sociales.

1. https://www.blick.ch/wirtsch...
2. https://mrmondialisation.org/penurie-de-sable/
3. bfs.admin.ch/bfs/en/home/statistics..
4. Initiative populaire «Pour en finir avec les constructions envahissantes de résidences secondaires» Explications du conseil fédéral.
5. tdg.ch/geneve/actu-genevoise/nombre..
6. bilan.ch/economie/y_a_t_il_trop_de_..
7. https://www.epfl.ch/labs/sxl/index-html/research/
8. Chez Soi de Mona chollet.

Pour aller plus loin:
-
En 2015, l’industrie du ciment a généré environ 2,8 milliards de tonnes de CO2, soit 8 % du total mondial – une part supérieure à celle de pays tel que la Chine ou les États-Unis qa why cement emissions matter for climate change
- L’industrie du ciment représente 5 à 6% des émissions mondiales de CO2 fr
- Des alternatives écologiques: www.lafabriqueecologique.fr/le-beton-mis-au-defi-des-enjeux-environnementaux (aussi sur les alternatives)
Guide sur les matériaux bio-sourcés www.batirpourlaplanete.fr/wp-content/uploads/2015/08/Guide-materiaux-biosources.pdf
- Livre sur les inégalités d’accès au logement et notre rapport à notre habitat : “Chez soi” de Mona Chollet, 2015 aux Editions Zones.

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Rejoins-nous!

Suite aux mesures COVID, nous acceptons dans nos dortoirs uniquement les personnes qui restent au minimum pour une semaine. Les autres peuvent dormir sous tente / voiture / bus / yourte.

Si tu viens nous rejoindre, trop bien! Mais surtout n’oublie pas:

- Ta lampe torche ou lampe frontale
- Des habits chauds et imperméables
- Des masques et du désinfectant pour les mains
- Des contenants à eau (idéalement 2-3 litres)
- De quoi dodo si tu comptes rester (un sac de couchage et un matelas de sol, une tente, et ton doudou si tu veux)
- Et surtout, ta créativité et ta détermination !

Avant de venir sur le lieu tu dois avoir conscience que cette action est hors du cadre légal et qu’il y a par conséquent des risques juridiques. Toutes les infos dont tu as besoin sur tes droits et les infractions auxquelles tu t’exposes en étant plus que de passage sur le lieu sont ici : Brief légal général.

Quelques conseils sécurité :

- C’est toujours mieux de ne pas avoir son téléphone avec soi.
- Tu peux aussi décider de ne pas prendre tout objet pouvant donner une indication sur ton identité (carte d’identité, affaires à ton nom, abonnements de bus, etc.). si tu ne souhaites/peux pas donner ton identité en cas de contrôle de police.
- Trouve-toi un joli pseudo.

Point géographie : Comment nous rejoindre ?

Il suffit de te rendre à la gare de la Sarraz. Depuis là il faudra monter la route (direction Orny) jusqu’au rond point où tu prendras la sortie à droite et continueras jusqu’à tomber sur le chemin du Mormont sur la droite (une jolie grande fontaine est à son début). Suis ce chemin jusqu’au sommet de la colline puis tu tomberas sur de jolies cabanes et peut-être même quelques orchidées sauvages.

Covid-19

Même si la police ne devrait pas tarder ;) Nous prenons toujours la pandémie sérieusement. Nous n’insisterons jamais assez sur le fait qu’en nous rejoignant vous vous exposer à de grands risques d’infection. Nous vous prions de prendre toutes les implications en compte avant de venir. Si vous êtes considérés à risque, ou que vous fréquentez des personnes à risque, merci d’éviter les comportements inutilement dangereux. Comme la santé et la sécurité de touxtes nous importe grandement, nous avons décidé de renforcer nos mesures contre la propagation du covid. Merci de faire attention à nous protéger ainsi que tout le monde en respectant nos règles Covid :

– Porter un masque lorsque garder une distance de 2m est impossible, ainsi qu’en intérieur (aussi super pour l’anonymat !)
– Désinfection des mains massive. Tout le temps. (nous aurons des grosses réserves de désinfectant sur place, mais pense aussi à prendre ton flacon perso)
– Ne pas approcher, et si possible garder une distance de minimum 2m à toute personne extérieure au camp

IMPORTANT !
Si tu te trouves dans l’un des cas ci-dessous, reste chez toi et attends d’aller mieux et d’avoir fini ta quarantaine avant de nous rejoindre.
– Si toi ou l’un·e·x de tes proches présentez des symptômes (fièvre, toux sèche ou maux de gorge, perte de l’odorat ou du goût…1), reste chez toi !
– Si tu es revenu·e·x récemment d’un pays ou territoire figurant sur la liste de l’OFSP 2, finis ta quarantaine avant de venir !

De plus, il est extrêmement important que tu nous préviennes le plus vite possible si toi ou l’un·e·x de tes proches présentez des symptômes après que tu soies revenu·e·x du camp ! Nous pourrons ainsi prendre les mesures nécessaires et prévenir toutes les autres personnes concernées.

1 Pour plus d’informations sur les symptômes, check www.bag.admin.ch/bag/fr/home/krankheite…
2 Pour consulter la liste officielle des pays pour lesquels une quarantaine s’impose au retour en Suisse : www.bag.admin.ch/bag/fr/home/krankheite…